Trois mois de rebondissements, une conclusion funeste

July 28, 2010 1 comment

Trois mois de rebondissements, une conclusion funeste (Le Monde, 23/07/2010). C’est le titre d’un article du Monde décrivant le triste destin de l’otage français annoncé comme tué par le groupe Al-Qaida il y a quelques jours au Niger.

Seulement voilà, on peut lire aujourd’hui dans une dépêche de Associated Press que le numéro 2 d’Al-Qaida dénonce officiellement l’intention du gouvernement français de bannir de port du voile sur le visage en France (“Al-Qaida No. 2 blasts France’s push to ban Islamic face veil, eulogizes comrade in new message”, AP, 28/07/2010).

Deux faits dissociés ? Je ne pense pas complètement…

Pour moi, “trois mois de rebondissement, une conclusion funeste”, c’est également l’aboutissement du débat stérile sur le voile qui a eu lieu en France au printemps. Le gouvernement a volontairement divisé les français pour une histoire de 2000 femmes tout au plus (Pierre Moscovici, France Inter, 22/04/2010).

Or, ce débat n’est évidemment pas resté franco-français et je peux vous confirmer que l’on en a beaucoup entendu parlé dans les journaux américains. Donc, une fois de plus la France n’a pas manqué à continuer de ternir son image dans les pays musulmans.

Alors, voilà ce que j’en pense. Que le gouvernement français et tous les imbéciles qui ont soutenu ce débat inutile et raciste viennent maintenant me dire qu’ils n’ont pas la mort de Michel Germaneau sur la conscience…

François DM

Grèce: Ce qui s’y passe réellement et ce que ça signifie

May 10, 2010 Leave a comment

Greeks Protest Austerity Cuts(PIAZZA del POPOLO – flickr – CC)

Voici de quoi faire le point sur ce qui se passe réellement en Grèce actuellement et des enjeux que cela soulève. Il s’agit d’un reportage sur place et d’un témoignage d’un employé de la Marfin Bank dans laquelle sont décédés mercredi 5 mai trois employés.

Mais avant cela, il est important de replacer les évènements dans leur contexte. Voici donc les mesures que viennent d’approuver les parlementaires Grecs en l’échange des aides financières de l’UE et du FMI.

Le plan d’austérité annoncé dimanche 2 mai par le gouvernement grec est le quatrième en cinq mois. En voici les principales mesures.

Fonction publique

  • Gel des salaires jusqu’en 2014.
  • Suppression des primes (équivalentes à un treizième et à un quatorzième mois, pour ceux qui gagnent plus de 3 000 euros par mois.
  • Pour les autres, elles sont plafonnées à 1 000 euros
  • Réduction de 8 % des diverses indemnités (après une baisse de 12 % en mars).

Secteur privé

  • Levée de l’interdiction faite aux entreprises de licencier plus de 2 % de leurs effectifs.
  • Retraites Allongement à 40 annuités (contre 37) de la durée de cotisation.
  • L’âge légal du départ en retraite (60 ans pour les femmes, 65 ans pour les hommes) devrait être relevé.
  • Fiscalité Relèvement de la TVA à 23 %.
  • Création d’un impôt sur les constructions illégales.
  • Création d’un impôt exceptionnel sur les entreprises les plus rentables.

Source : Courrier International

Ce qui ne fait pas de doute c’est qu’une seule de ces mesures auraient sucité révolte et débats en France comme ailleurs. Mais en temps de crise tout est permis et les droits sociaux volent en éclats. Ne croyez pas que la Grèce soit un cas isolé. La France, comme d’autres pays qui vivent endettés, pourraient bien connaître cette situation.

La crise globale montre que le modèle socialiste et capitaliste qui règne dans nos pays industrialisés depuis plusieurs décennies est discrédité et incapable proposer des solutions pour sortir durablement de la crise qu’il a construite. Cette crise que nous vivons est peut-être finalement une opportunité pour changer cette sociétés et la façon dont nous vivons et travaillons pour construire une économie du “bon sens”.

Maintenant, voici le reportage annoncé plus haut :

Grèce : informations sur la journée de grève générale et de manifestation

L’information principale se concentre bien sûr sur le décès de 3 personnes au cours de l’incendie d’un établissement bancaire, bien que les éléments concrets manquent et que certaines autres informations ne soient pas diffusées par les grands médias.

La manifestation d’aujourd’hui 5 mai a été de loin la plus imposante depuis les vingt dernières années. La police parle de 30 000 personnes, les syndicats de plus de 200 000 si l’on totalise tous les cortèges. La présence policière, bien qu’étant massive, n’a pu contrôler à aucun moment la volonté de protestation. Les manifestants se sont concentrés en face et autour du Parlement pendant plusieurs heures, bien que l’air soit devenu surchargé de gaz lacrymogènes. Le leader de la GSEE (syndicat de secteur privé, à direction socialiste) a été une nouvelle fois conspué et viré de la manifestation.

Plusieurs affrontements ont opposés des manifestants et les policiers qui protégeaient le Parlement. Matraques, gaz lacrymogène et grenades assourdissantes. Malgré cela, ce qui pouvait se sentir dans les rues, c’était la volonté de prendre le Parlement, où avait lieu une séance plénière pour approuver, dans les prochains jours, les nouvelles mesures économiques obéissant aux ordres du FMI. Lors de la manifestation, de nombreuses confrontations avec la police et des attaques contre les banques internationales ont eu lieu. Deux grands bâtiments administratifs ont été incendiés : la préfecture de la région Attique et une annexe du ministère des finances, où parait-il se trouve le registre des impôts ! On a pu noter aussi l’incendie d’un car de police, d’un camion de pompiers et de nombreuses voitures de luxe, ainsi que plusieurs succursales de banque et au moins une bijouterie.

La nouvelle de la mort des personnes a été connue à la fin de la manifestation. Les données à ce propos pour l’instant ne sont pas concluantes. Ces trois décès ont accidentellement coïncidé avec le moment le plus haut de la rébellion, ce qui ne cesse d’être suspect.

A la fin de la manifestation, les forces anti-émeutes et les groupes motorisés Delta ont fouillé plusieurs des locaux politiques et de réunion du quartier d’Exarchia : deux cafétérias où ils ont arrêté neuf personnes, un local de gauche où ils ont frappé et blessé les personnes qui s’y trouvaient, un centre social occupé où ils ont fait irruption et arrêté toutes les personnes qui se trouvaient à l’intérieur. Ce même après-midi la répression s’est étendue jusqu’à divers locaux des syndicats de base, dont celui des cuisiniers et serveurs et aussi un centre social servant de local pour les immigrants. Tout ceci dans un centre d’Athènes devenu inhospitalier à cause de l’omniprésence policière et de l’air surchargé de gaz lacrymogène.

Pour l’instant, les arrestations et les détentions se comptent par dizaines.

Dans les prochaines heures on espère avoir une plus grande information. On apprenait en fin de journée, qu’un supermarché de la chaîne Bazaar a été exproprié pendant les affrontements et la marchandise distribuée.

Il est à noter que les manifestations ne furent pas seulement athéniennes. Environ 50 000 personnes défilèrent à Salonique, avec affrontement de plusieurs heures avec la police. Les anarchistes ont occupé le “Labour center” de la ville. A Patras, 20 000 manifestants ont été rejoint par des tracteurs et des camions de ramassage des ordures, quelques barricades. A Ioannina, 10 000 personnes environ.

Ce qui frappe en voyant les vidéos, et que la presse grecque note elle aussi c’est que les affrontements avec la police sont en grande partie le fait de gens à visage découvert ! Autrement dit un début de relais semble se faire entre les « emcapuchonnés », les « anarchistes » et une petite partie de la population. C’est évidemment une des clés des jours qui vont suivre : un élargissement de la confiance parmi un nombre plus important de grévistes et de manifestant, assumant à visage découvert leur révolte, des « radicaux » ouvrant des portes sans pour autant se poser en avant-garde…. A l’inverse, évidemment, l’objectif de la police et de l’Etat est d’isoler au maximum les plus radicaux. La manière dont la banque n’avait pas été fermée ou du moins que des gens se trouvaient dans d’autres bureaux (voir témoignage ci-dessous) peut faire partie de cette stratégie, mais rien n’est évidemment certain.

Concernant la mort des trois personnes, le parti communiste en accuse le gouvernement en disant qu’elle fut le fait d’agent provocateurs fascistes… Ils se basent sur le fait que 50 fascistes ont tenté de pénétrer un cortège du PAME (regroupement communiste), en ont été chassés et se sont réfugiés derrière les lignes de la police.

Quoiqu’il en soit c’est bien dans la poursuite de la grève et sur la manière dont elle sera menée que se jouera l’avenir du mouvement : un rebondissement périodique ou un approfondissement plus durable de la conflictualité.

A propos de l’incendie mortel de la Marfin Egnatia Bank

Les trois personnes décédées seraient des employés de la banque Marfin Egnatia Bank. Cette banque est propriété du magnat grec Andreas Vgenopulos, surnommé le “nouvel Onassis”, considéré comme un des hommes les plus riches du pays : propriétaire de Olympic Air et d’autres entreprises (Marfin Investment Group). On ne connaît pas encore les circonstances exactes de l’incendie. La porte d’entrée en bois aurait été touchée par un cocktail molotov et le feu se serait rapidement propagé dans les étages. D’après les témoins, les pompiers ont remarqué qu’il n’y avait pas d’extincteurs dans la banque et que la sortie de secours était fermée avec un cadenas ! Alors que le pays était paralysé par la grève générale, que dans tout le quartier les magasins avaient leurs rideaux baissés, il semble que dans cette banque les employés avaient été contraints de travailler.

Le syndicat des employés de banque (OTOE) a appelé ce soir à une journée de grève pour demain jeudi. L’identité des trois personnes décédées reste encore inconnu : on sait seulement qu’il s’agit de deux femmes et d’un homme.

Dans une lettre publiée ce soir mercredi sur le site Indymedia d’Athènes, un employé de la Marfin Egnatia Bank fait une déclaration, demandant qu’elle soit rendue publique.

« Je me sens dans une obligation envers mes collègues qui sont décédé si injustement aujourd’hui à parler et à dire quelques vérités objectives. J’envoie ce message à tous les médias. Toute personne qui possède encore une certaine conscience devra le publier. Les autres peuvent continuer à jouer le jeu du gouvernement. »

Dans cette lettre, l’employé déclare que « les pompiers n’ont jamais délivré la licence d’exploitation de l’immeuble », que « le bâtiment en question n’a pas de mécanismes de sécurité incendie » correspondant à sa taille (gicleurs au plafond, issues de secours, tuyaux d’incendie). « Il y a seulement quelques extincteurs portatifs qui, bien entendu, ne peuvent en rien aider à combattre un feu important dans un bâtiment construit avec des normes de sécurité depuis longtemps dépassées. La direction utilise également le coût élevé de ces exercices comme prétexte et n’a même pas pris les mesures les plus élémentaires pour protéger son personnel. »

Il souligne aussi qu’aucun membre du personnel n’a été formé au risque d’incendie, qu’il n’y a jamais eu d’exercice d’évacuation. « Les seules sessions de formation qui ont eu lieu à la Marfin Bank ont été sur des scénarios concernant l’action terroriste et en particulier la planification de l’évacuation des “grosses têtes” de leurs bureaux dans une telle situation. »

Absence de local incendie, matériaux inflammables (papiers, plastiques, fils, mobilier…). « Aucun membre de la sécurité n’avait la moindre connaissance sur les premiers secours à donner ou comment éteindre un feu. »

Par ailleurs, « la direction de la banque a formellement interdit aux salariés de s’absenter aujourd’hui, bien qu’ils l’aient demandé constamment eux-mêmes très tôt ce matin – tandis qu’elle a aussi forcé les salariés à verrouiller les portes et a confirmé à plusieurs reprises par téléphone que l’établissement restait fermé pendant la journée. “Ceux qui partent aujourd’hui, ne viennent pas au travail demain”, a été une menace constante. La direction leur a même fermé leur accès à Internet afin d’empêcher les salariés de communiquer avec le monde extérieur. »

La lettre dit aussi qu’ au cours des derniers jours qui ont précédé la grève générale, la direction n’a cessé de terroriser les employés en utilisant oralement l’“offre” suivante : ou vous venez travailler, ou vous êtes virés.

« Enfin, messieurs, faites votre autocritique et cessez de faire semblant d’être choqués. Vous êtes responsables de ce qui s’est passé aujourd’hui, et dans n’importe quel Etat de droit (comme ceux que vous souhaitez utiliser de temps en temps comme les meilleurs exemples dans vos émissions de télévision) vous auriez déjà été arrêtés pour les actions ci-dessus. Mes collègues ont perdu la vie aujourd’hui par préméditation : la préméditation de la Marfin Bank et de M. Vgenopoulos en personne qui a explicitement déclaré que quiconque ne venait travailler aujourd’hui [le 5 mai, journée de grève générale !], n’avait pas à se déranger le lendemain [où ils seraient renvoyés]. »

Signé : un employé de la Marfin Bank

Sources : Athens Indymedia, UK Indymedia., Presse grecque (TaNea, Kathimerini), http://libcom.org/

Version anglaise du témoignage : http://www.occupiedlondon.org/blog/…

Traduction : OCL

François DM

L’iPad d’Apple, ou la “tablette de Jésus” du lobby de l’édition

May 6, 2010 1 comment

(The New Yorker)

Voici quelques faits au sujet du secteur de l’édition aux Etats-Unis (extraits de “Publish or Perish” by Ken Auletta – The New Yorker, 26 avril 2010, en anglais):

  • Entre 2002 et 2008, les ventes annuelles de livres ont augmenté de “seulement” 1,6% tandis que les marges diminuaient.
  • Amazon achète de nombreux livres électroniques (e-books) aux éditeurs pour environ treize dollars et les revend au prix de 9,99 $.
  • Bien que les livres électroniques soient en plein essor, Amazon représente environ 80% de toutes les ventes d’e-books faisant de 9,99 $ le prix standard pour un e-book aux Etats-Unis.

Inutile de dire que les éditeurs ne sont favorables à cette situation qui les empêchent de maintenir leurs profits élevés. Maintenant, devinez la suite ? Et bien Apple à l’aide de son iPad (sans intérêt) entend rendre de nouveau heureux les éditeurs américains en appliquant tout simplement la recette suivante:

  1. Prenez cinq des six plus gros (“big six”) éditeurs américains et proposez leur de vendre leurs e-books sur l’iBooks store d’Apple (site de vente en ligne des e-books pour iPad) .
  2. Utilisez votre arsenal marketing et faites en sorte que les 125 millions de consommateurs déjà inscrits sur iTunes et les Apple Stores puissent acheter facilement des livres par impulsion, même avec un prix plus élevé fixé à 14,99 $ alors qu’ils peuvent acheter le même e-book pour 9,99 $ sur Amazon.
  3. Enfin, obligez Amazon à augmenter son prix standard pour ses e-books en laissant planer la menace que les éditeurs pourraient retirer leurs e-books de la vente sur Amazon.

Il ne fait pas de doute que toute cette stratégie rendra de nouveau les éditeurs heureux… à moins qu’ils ne se trompent dans leurs calculs capitalistiques quant à l’avenir du livre électronique. En effet, ils semblent ne pas tenir compte du rôle grandissant de nouvelles formes d’édition, comme l’auto-édition ou les éditeurs indépendants, qui pourraient bien être la meilleure façon d’assurer la liberté des auteurs autant que celle des lecteurs…

François DM

Apple iPad as “Jesus tablet” of Publishers Lobby

April 27, 2010 Leave a comment

(The New Yorker)

Here are some facts about the book business (from “Publish or Perish” by Ken Auletta – The New Yorker, April 26, 2010):

  • Between 2002 and 2008, book annual sales had grown “just” 1.6 per cent, and profit margins were shrinking.
  • Amazon has been buying many e-books from publishers for about thirteen dollars and selling them for $9.99.
  • While e-books are booming, Amazon accounts for an estimated eighty per cent of all electronic-book sales making $9.99 the standard price of an e-book.

Needless to say that publishers are not happy because they cannot do business as usual making high profits. Now guess what? Apple through its useless iPad will make publishers happy again by simply applying the following recipe:

  1. Bring five of the “big six” publishers on its side to sell their e-books through Apple’s iBooks store.
  2. Emphasize on its marketing incentives and make its hundred and twenty-five million consumers credit cards from iTunes and Apple Stores easy to buy books on impulse, even with a higher price of $14.99 when consumers can buy the same book from Amazon for $9.99.
  3. Then, force Amazon to increase its price to make possible publishers to withhold their books from Amazon.

For sure, all this strategy will make publishers happy again… unless they fail in their capitalistic view of the future of books. Indeed, they seem not to take into account the role of new ways to publish, such as self-publishing and independent publishing, which might be the only ways to ensure freedom of writers as well as the one of readers…

François DM

Vent couvert sur les J.O. (English)

February 18, 2010 Leave a comment

(Dominionpaper.ca)

Although when I was younger I would not hesitate to wake up at 4am to watch Nordic combined finale, it has to be said that I became deeply anti-Olympics. Year after year, the “Games” have become anything but a simple celebration for the sport, although many arguments try to vindicate their existence:

  • “The Olympics make democracy progress.”

If only it was true! Unfortunately, it is rather a period of siege where to do well in front of millions of viewers, we do what needs to be done behind the scenes to make sure that everything runs without hassle. And it always begins with the chaotic course of the Olympic torch… Remember what also occurred during the Beijing Olympics 2008. Here’s just one example of the lure officials were making when they said that the Games would bring democracy to China.

“Le CIO cède à la Chine concernant la censure d’Internet”, Amnesty International, juillet 2008 (French)

The 2010 edition of Vancouver, although it is organized in a democratic country, is not better since we have now to station legal observers in front of events to watch for the police!

“JO de Vancouver : comment j’ai appris à fliquer la police”, Rue89, janvier 2010 (French)

  • “Certainly, but the Olympics are synonymous with economic benefits for host cities.

Again this is a beautiful illusion. Not only the cities have no guarantee of obtaining such economic benefits, but they go into debt more and more to host the Games quite to jeopardize their financial situation as a whole, and so for many years or even decades . This applied to the city of Athens, for example, which hosted the 2004 Summer Olympics and spent 9 billion euros with at the end an underestimated budget and a failing conversion from the sports facilities specially built for these 15 days of euphoria. And when you look at the current financial situation of Greece, we think that they could have done very well without such a mess…

“La crise grecque et les Jeux Olympiques”, LeFigaro.fr, 17 Février 2010 (French)

Again the Vancouver Olympics are not an exception when the unrealistic projects made by investors cannot face the harsh economic reality… Indeed, the City of Vancouver has been forced to go into debt borrowed from the same fund that defaulted on its own commitments due to the economic crisis.

“2010 Olympic Village”, Wikipedia

  • “In any case, the Olympics are now ‘sustainable’.

What a joke! When moving million tons of material and millions of passengers for a celebration that lasts only 15 days, I think no any other event can pretend to waste such amounts more energy and resources…

Even if the will of the Vancouver Olympics in doing better (or rather less bad) vis-à-vis the environment could be taken seriously, how can we still vindicate aberrations such as bringing some snow by truck (and by helicopter) when the weather is not to go? Which is all the more unfortunate since adding snow was to get “more beautiful pictures on TV”!

“Jeux olympiques – Vancouver: la neige doit être transportée par camion jusqu’au mont Cypress”, LeDevoir.com (Québec), 3 février 2010 (French)

Finally, we see that the same history of the Games repeats itself again and again. There are countless fallen hopes, controversies and false pretenses. It seems clear now that the issues raised here are intrinsically linked to the Olympics, which question  their existence itself. And we are not talking about the hundreds of ancillary issues brought about by the Olympics and that create frustration and dismay among numbers of people being for or against the Games.

So now, let me ask one question: Will you support Paris bid for 2024?

“2024 Summer Olympics”, Wikipedia

François DM

Vent couvert sur les J.O.

February 18, 2010 Leave a comment

(Dominionpaper.ca)

Bien qu’étant plus jeune je n’aurais pas hésité à me lever à 4h du matin pour voir la finale du combiné nordique, il faut bien admettre que je suis devenu profondément anti-J.O. Car d’années en années, “les jeux” sont devenus tout sauf une simple fête pour le sport, même si bons nombres d’arguments sont avancés pour tenter de justifier leur bien-fondé :

  • “Les J.O. permettent de faire avancer la démocratie.”

Si seulement c’était vrai ! Malheureusement, il s’agit plutôt d’une période d’état de siège où pour faire bonne figure devant des millions de spectateurs, on fait ce qu’il y a à faire en coulisse pour que tout se déroule sans embûche. Et cela commence toujours par le parcours chaotique de la flamme olympique… Souvenez-vous également où se sont déroulés les J.O. d’été 2008 (Beijing, c’est où déjà ?). Voici juste un exemple du leurre qu’ont représenté ces J.O. de Pékin quand on disait qu’ils apporteraient la démocratie en Chine.

“Le CIO cède à la Chine concernant la censure d’Internet”, Amnesty International, juillet 2008

Cette édition 2010 de Vancouver, pourtant organisée dans un pays dit démocratique, ne fait pas mieux puisque l’on en est désormais arrivé à devoir poster des volontaires en marge des manifestations pour surveiller la police !

“JO de Vancouver : comment j’ai appris à fliquer la police”, Rue89, janvier 2010

  • “Certes, mais les J.O. sont synonyme de retombées économiques pour les villes organisatrices.”

Là encore c’est une belle illusion. Non seulement les villes n’ont aucune garantie d’obtenir les retombées économiques escomptées, mais elles s’endettent de plus en plus pour accueillir les jeux quite à mettre en péril leur situation financière dans son ensemble et ce pour de nombreuses années, voire décennies. C’est le cas par exemple de la ville d’Athènes qui, pour accueillir les J.O. d’été 2004, a déboursé 9 milliards d’euros ! Au bilan, un budget sous-estimé et une reconversion ratée pour les installations sportives spécialement construites pour ces 15 jours d’euphorie. Et lorsque l’on regarde la situation financière de la Grèce, on se dit qu’ils auraient très bien pu se passer d’un tel gâchis…

“La crise grecque et les Jeux Olympiques”, LeFigaro.fr, 17 Février 2010

Là encore les J.O. de Vancouver n’échappent pas à la règle. Et les beaux plans tirés sur la comète par les investisseurs s’effondrent lorsqu’ils rencontrent la dure réalité économique… C’est ainsi que le principal investisseur du village olympique ayant mis la clé sous la porte pour cause de crise économique a obligé la ville de Vancouver à se porter garant des dettes en cours et à terminer les travaux.

“Vancouver Athletes’ Village”, Wikipedia (English)

  • “En tout cas, les J.O. sont désormais sous le signe du ‘développement durable’.”

Quelle blague ! Déplacer des millions de m3 de matériaux et des millions de passagers pour une fête qui ne dure au tout et pour tout que 15 jours, je pense qu’aucun évènement ne peut se vanter d’être plus consommateur d’énergie et de ressources…

Et si la volonté des J.O. de Vancouver de vouloir faire mieux (ou plutôt moins pire) vis-à-vis de l’environnement pourrait être prise au sérieux, comment justifier des aberrations telles que faire venir une partie de la neige par camion (et par hélicoptère) quand la météo n’est pas au rendez-vous ? Ce qui est d’autant plus invraisemblable que l’on ajoute de la neige notamment “pour avoir de plus belles images à la télévision” !

“Jeux olympiques – Vancouver: la neige doit être transportée par camion jusqu’au mont Cypress”, LeDevoir.com (Québec), 3 février 2010

Finalement, on s’aperçoit que l’histoire des jeux se répètent d’édition en édition. On ne compte plus les espoirs déchus, les controverses et les faux-semblants. Il parait évident que les problèmes évoqués ici sont intrinsèquement liés aux Jeux Olympiques, ce qui remet en cause le bien-fondé de leur existence. Et nous ne parlons pas ici des centaines de problèmes annexes qu’amènent les J.O. et qui créent frustration et consternation chez bons nombres de personnes qu’elles soient en faveur ou non des jeux.

Alors, juste une question : soutiendrez-vous la candidature de Paris pour 2024 ?

“2024 Summer Olympics”, Wikipedia (English)

François DM

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